#1 Il faudra bien que l’amour
je me suis laissée prendre
aux rêves de la nuit
j'ai découvert des mots-lumières
aux notes de mon piano noir
j'ai dessiné de soleils écarlates
pour brûler tout ce qui me restait
de ma mémoire
quelque part mon âme mon amour
quelque part à la fonte des neiges
aux rivières pleines et tumultueuses
aux forêts repeuplées de musiques et d'ailes
il faudra bien que l'amour nous recommence
quelque part
je me suis laissée prendre
aux routes du hasard
j'ai inventé des gestes fous
pour faire enfin fondre l'hiver
et j'ai dansé autour du temps troublant
au bout des grands espaces blancs
de ce pays
quelque part mon âme mon amour
quelque part à la fonte des neiges
aux rivières pleines et tumultueuses
aux forêts repeuplées de musiques et d'ailes
il faudra bien que l'amour nous recommence
quelque part
quelque part
quelque part...
Paroles : Francine Hamelin
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#2 Ras l’bol
| ras l’bol des multinationales | ras l’bol du cerveau reptilien |
| financières bancaires et vénales | de tous les pouvoirs assassins |
| ras l’bol de payer des impôts | ras l’bol de tous les militaires |
| quand y a des paradis fiscaux | faudrait leur mettre une muselière |
| qui blanchissent plus blanc que blanc | avant qu’avec leurs arsenaux |
| l’argent des gros et des puissants | ils nous changent en viande de McDo |
| ras l’bol de ces écervelés | ras l’bol de toutes les tempêtes |
| qui prétendent nous gouverner | qu’ils provoquent sur la planète |
| qui n’ont d’oreille qu’pour écouter | ras l’bol de ces incendiaires |
| les millionnaires subventionnés | qui voudraient faire flamber la terre |
| les parasites des lobbies | pendant qu’ils nous préparent une fête |
| pour qui trop c’est jamais assez | on laisse traîner des allumettes |
| les ayatollahs du pétrole | i’ faut croire qu’on est masos |
| dont ils ne sont que les guignols | qu’on a pas mal moins d’cervelle qu’les oiseaux |
| ras l’bol ras l’bol | ras l’bol ras l’bol |
| j’en ai ras l’bol de ces voisins | j’en ai ras l’bol d’l’insignifiance |
| qui pensent que tout leur appartient | et ras l’bol de l’indifférence |
| l’Oncle Sam et ses copains | ras l’bol des lobotomisés |
| qui veulent qu’j’engraisse leur embonpoint | bouffés par la publicité |
| pendant qu’ils salissent mon air | par le mensonge aseptisé |
| changent mes forêts en déserts | du gros mensonge étatisé |
| ras l’bol de tous les charognards | ras l’bol de tous les mercenaires |
| tous les bouchers tous les barbares | du nucléaire des va-t-en guerre |
| pour qui la guerre c’est un jeu « hot » | et des drapeaux et des bannières |
| qui veulent l’univers sous leur botte | de la spéculation boursière |
| le jour où ils voudront mon eau | des frontières et des ornières |
| ils m’enverront leurs généraux | d’la bêtise multimillénaire |
| faudrait que j’leur mange dans la main | ras l’bol du gouffre sans fond |
| surtout que je ne dise rien | qui nous gruge jusqu’au trognon |
| ras l’bol ras l’bol | ras l’bol ras l’bol |
Paroles : Francine Hamelin
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#3 Encore une fois
j’attends un coup d’fil
attendre ça m’déprime
j’suis toujours prêt à sortir
à refaire le monde à partir
(bis)
mais encore une fois ce soir
j’suis seul au bord d’la nuit
mais encore un fois ce soir
je m’ennuie
toute la matinée
j’fais que flâner
tout seul dans mon lit
tout seul dans ma vie
toute la journée
j’me traîne les pieds
mais lorsque vient la nuit
y’a quelque chose en moi qui crie
j’sais pas si c’est normal
j’sais pas si c’est banal
d’être un oiseau de nuit
d’aimer à tout prix
ça doit être animal
c’est peut-être immoral
mais lorsque vient la nuit
j’aime à tout prix
mais encore une fois ce soir
j’suis seul au bord d’la nuit
mais encore une fois ce soir
je survis
Paroles : Maude Loranger Leduc
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#4 Dis-moi
dis-moi la musique des mots
dis moi des mots qui font chanter
dis-moi terre pluie et soleil
et la moisson qui s’amoncelle
au vaste cœur d’un grain de blé
dis-moi des terres sans exil
de l’autre bord de l’an 2000
dis-moi des forêts apaisées
et des forêts ensorcelées
une parole enracinée
même si la vie nous fait fragile
si la vie de nous fait des îles
redis-moi l’envers du décor
et des saisons d’immensité
dis-moi des mots d’éternité
dis-moi la musique des mots
dis-moi des mots qui font rêver
dis-moi des matins éclatés
et mille chants comme marées
sur l’océan de nos journées
réinvente-moi un langage
où tout puisse se reconnaître
dessine moi des paysages
et des chemins pour voyager
là où plus rien n’est étranger
même si la vie nous fait fragile
si la vie de nous fait des îles
redis-moi l’envers du décor
et des saisons d’immensité
dis-moi des mots d’éternité
dis-moi la musique des mots
dis moi des mots qui font chanter
Paroles : Francine Hamelin
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#5 Il pleure dans mon cœur
Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville.
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie!
Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écoeure.
Quoi! Nulle trahison?
Ce deuil est sans raison.
C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon cœur a tant de peine.
Paroles : Paul Verlaine
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#6 Le vent
(refrain) adieu mon île mon escale mon refuge
adieu donc il se fait tard
des collines déjà descend le vent du soir
des lampes aux fenêtres allument leurs yeux d’or
et devant moi la route
parsemée d’étincelles
attire encore mes pas
vers des lieux de mystère
vers d’étranges pays
entre mer et désert
des terres inconnues
cachées en ma mémoire
(refrain)
et je voyagerai
au chemin des étoiles
et j’y déchiffrerai
l’instant déjà passé
et j’y lirai peut-être
un peu d’éternité
malgré ce temps qui va
éphémère et fragile
(refrain)
et dans le cœur de feu
des pierres et du silence
dans les milles soleils
des atomes qui dansent
peut-être trouverai-je
un songe inachevé
pour traverser la vie
un rêve d’infini
(refrain)
adieu mon île mon escale mon refuge
adieu donc il se fait tard
des collines déjà descend le vent du départ
voici venir la nuit et ses lumières d’or
Paroles : Francine Hamelin
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#7 Tour d’horizon
Je vous ai toutes visitées,
Mes villes, mes campagnes.
J’ai gravi toutes les montagnes
Que vous m’avez sculptées.
Je vous ai toutes engrangées
Récolte de mes plaines,
J’aurai porté toutes les chaînes
Que je me suis forgée.
J’aurai vidé toutes les gourdes
Pour goûter à la paix,
Et si mes heures semblent lourdes
Et mon rire défait,
J’aurai béni toutes les routes;
Bonheur, je t’ai connu
Puisque mon cœur a contenu
Plus d’amour que de doutes.
J’ai du bonheur plein mon chagrin,
Et de la peine plein mon rire.
Tu me demandes de te dire
Où me conduit ce fol chemin?
Ne sais-tu pas, ma sœur, mon frère,
De quel amour je suis témoin
Et que pour devenir humain,
Il faut en vivre le mystère?
Paroles : Alice Lemieux-Lévesque
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#8 Avril
Avril, c’est un éclat de rire,
C’est une étreinte de soleil
Qui vient lutiner et séduire
Chaque rosier dès son éveil.
Avril, c’est un gamin qui chante
Et vend pour deux sous de muguet;
C’est un refrain d’amour que hante
Un rêve beau comme un secret.
C’est un bosquet où l’ombre est rose;
C’est un pommier poudré de fleurs;
C’est une ivresse qui propose
D’avoir vingt ans au coin du cœur.
C’est un bal que donne la vie,
C’est une fleur entre les dents,
Et c’est l’heure que j’ai choisie
Pour parler d’amour au printemps.
Paroles : Alice Lemieux-Lévesque
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#9 Cœur d’artichaut
L’horreur matinale
Me glace la peau
Des larmes peu banales
Se déversent en sanglots
Des coups brutaux
Forgent mon cerveau
Des mots qui font mal
S’engouffrent dans mon cœur d’artichaut
Des sacres infinis
Se déferlent inaudibles
Dans cette chambre à vide
Envahie par mes soucis
Le jour se pointe déjà
Et moi je suis endormie
Je me sépare pourquoi pas
De mon enveloppe ainsi
Je peux me prélasser au lit
Encore un peu avant et demi
La température fait la moue
Au peuple et à sa misère
Moi je fais tout un remous
Pour ne pas regagner mes artères
Je crie et hurle tout mon fou
De ce monde heureux et fier
De survivre malgré tout
À ces intempéries coutumières
Paroles : Maude Loranger Leduc
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#10 Un oiseau qui passe
je ne te dirai pas que les heures s’effritent
aux dents dures du froid aux mains glacées du givre
je te dirai plutôt que les forêts de cuivre
aux veines de leur corps attendent de renaître
(refrain) il suffit qu’un rien nous désarme
il suffit que le jour soit doux
il suffit d’un oiseau qui passe
pour que la mort ait le dessous
je ne te dirai pas que le vent s’effiloche
aux barbelés des pins au refuge des cèdres
je te dirai plutôt l’incendie des feuillages
un grand feu de nuages embrasant le silence
(refrain)
je ne te dirai pas que ce siècle me hante
et que notre destin est de sable et d’argile
je te dirai plutôt qu’au profond de nos songes
tout se rejoint encore qui semble séparé
(refrain)
je ne te dirai pas que le temps s’enténèbre
en ce pays perdu d’une arrière saison
je te dirai plutôt qu’au soleil de nos rêves
tant que nous y croirons la vie aura raison
(refrain)
Paroles : Francine Hamelin
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#11 Les cerfs-volants
| je veux te dire encore | je veux te dire patience |
| une saison profonde | et beauté et tendresse |
| et ce temps de haut vent | accomplir la magie |
| et tous les cerfs-volants | m’émerveiller de tout |
| la montagne fidèle | dénouer chaque peur |
| et le rosier sauvage | délier chaque geste |
| l’oiseau inattendu | pour offrir aux enfants |
| et l’arbre qui grandit | la paix simple et le fleuve |
| je veux te dire soleil | pour offrir aux enfants |
| et clarté et présence | la paix simple et le fleuve |
| regarder respirer | et que le cours de l’eau |
| encore une autre fois | encore les émeuve |
| toucher tous les feuillages | |
| et toutes les écorces | Paroles : Francine Hamelin |
| et parler aux cailloux | Musique : © Alexis Loranger |
| de ce chemin qui va | SOCAN 2006 |
je veux te dire aussi
les crépuscules mauves
le vitrail d’un matin
caché sous mes paupières
le pain à partager
et l’enfance à renaître
un siècle passager
au bout de l’horizon
je veux t’écrire lumière
et prière et musique
et commencer les ponts
qui franchiront la nuit
faire jaillir sur les lèvres
une libre parole
surprendre le soleil
aux portes d’un regard
#12 Enfant des temps d’acier
enfant des temps d’acier aux horloges étranges
la ville est à l’envers et nul n’y vient chanter
les oiseaux fous d’amour ont fui la nuit de fer
aux balcons du silence s’accroche encore le vent
enfant aux yeux liquides comme une eau trop fuyante
dans cette foule dense l’absence où tu te noies
au pays quadrillé d’un fleuve qui déroule
ses flots ses mouvements ses houles sur les rivages des trottoirs
fenêtres aux yeux crevés demeures aux regards vides
et falaises de verre comme un écho mourant
que s’apaise le cours des ombres en déroute
ce temps qui glisse sous l’argile de tes doigts
enfant des cités grises et des jardins d’asphalte
que tournent les couleurs des saisons éphémères
j’allumerai pour toi le versant des montagnes
dans l’or des peupliers la pourpre des érables
enfant des temps en ruine et des vies égarées
j’allumerai pour toi le cœur des paysages
des jardins d’améthyste où le temps vagabonde
et des arbres flambeaux au ventre des brouillards
j’allumerai pour toit la braise d’un soleil
aux branches d’un mélèze dans le cuivre des herbes
et comme un chant d’espoir sur une ville noire
j’allumerai pour toi de grands oiseaux de feu
et comme un chant d’espoir de grands oiseaux de feu
Paroles : Francine Hamelin
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#13 Libation
Il est des vers qu’on chante avant de les écrire
Et d’autres qu’on écrit avec le sang du cœur.
Si tu n’as pas souffert avant que de sourire
Tu ne seras jamais qu’un poète menteur.
Si tu n’as pas pleuré en face de toi-même
Honteux des reniements que ton cœur a commis,
Tu n’offriras jamais, dans ton meilleur poème,
Qu’un autre compromis.
Qu’on m’apporte une coupe
Puisqu’il fait jour encor
Pour terminer la route
Qu’on m’apporte une coupe
Qui déborde à pleins bords.
Qu’on y verse sans crainte
Pour attendre le soir,
Plus grisant que l’absinthe,
Tous les vins de l’espoir.
Vois-tu j’aime la vie
Et sa bouche d’amour
Pressant la poésie
Des raisins bleus du jour.
Pour terminer la route,
Qu’on m’apporte une coupe
Pour boire à la Beauté.
Paroles : Alice Lemieux-Lévesque
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006
#14 Désert
Ah! qu’il est solitaire
Le sentier de la terre…
Nous étendons la main
Croyant toucher l’amour,
Nous cheminons à deux
Tout le long du printemps
Pour découvrir un jour
Qu’il n’y a plus personne,
Que c’était une absence
Qui nous accompagnait
Le visage d’un rêve
Tissé de nos désirs.
Ah! qu’il est solitaire
Le voyage du temps…
Paroles : Alice Lemieux-Lévesque
Musique : © Alexis Loranger
SOCAN 2006